Le dessin chez l'enfant

Un peu de théorie...

En psychothérapie avec l’enfant, le dessin est un outil privilégié qu’utilise le psychologue.
Les travaux de LUQUET sur le dessin, nous donne comme référence différents stades d’analyse :

  • Stade 1 : réalisme fortuit (3-4 ans)
    Dessin= tracé au hasard.
  • Stade 2 : réalisme manqué (4-5 ans)
    Dessin= juxtaposition d’éléments.
  • Stade 3 : réalisme intellectuel (5-8 ans)
    L’enfant dessine « ce qu’il sait être de la réalité » (dessins par transparence)
  • Stade 4 : réalisme visuel (8-9 ans et +)
    L’enfant dessine uniquement « ce que la réalité donne à voir » (dessin réaliste)

Selon Philipe Greig, dans son livre intitulé L'enfant et son dessin"Le gribouillage n'est pas simplement un crayonnage sans ordre ni méthode, il reflète la progressive maturation de l'enfant et l'évolution de ses moyens, tant moteurs que psychologiques". 

Par ailleurs, le "Dessin du Bonhomme" de Florence Goodenough, est un test qui permet d'évaluer le développement psychique et affectif des enfants en fonction d'une grille de cotation. Cependant, il ne se limite pas à déterminer le niveau de maturation mais peut aller plus loin en décelant certains troubles.

La psychologue distingue 6 stades dont :

  • le tracé des lignes non-cohérent
  • le fameux stade têtard
  • le stade de transition
  • le corps vu de face complet 
  • le stade de transition face/profil
  • le profil

Dans la pratique...

  • Contentez-vous de mettre à la disposition de l’enfant le matériel : peinture, feutres, crayons de couleurs, images à coller, gommettes... Il est important d’accepter qu’il utilise plein d’outils, de matières différentes sur le support d’une feuille blanche. Le cahier de coloriage c’est amusant mais il apprend à l’enfant à se fier à un modèle. Mieux vaut lui demander de dessiner sur une feuille blanche pour l’amener à développer sa créativité, son imagination, son sens artistique et d’affirmer sa personnalité.
  • Laissez-le vivre sa fantaisie et choisir ses couleurs. « Tu mets les couleurs que tu veux » Ses dessins n’ont ni queue ni tête ? Peu importe ! il faut accepter que ses couleurs soient fantaisistes, que ses bonhommes n’aient pas de bras ou de jambes. L’essentiel est qu’il soit acteur et réalisateur de son dessin.
  • A la fin, plutôt que de chercher à ce que son dessin soit parfait, vous pouvez lui demander si tout ce qu’il a voulu y mettre est là ou encore de raconter son dessin « Raconte moi ton dessin. Que font-ils ? Qu’est-ce qui se passe ? »
  • Il n’aime pas son dessin ? Plutôt que de lui dire que son dessin est beau, mieux vaut l’amener à réfléchir en lui demandant : « Qu’est ce que tu n’aimes pas dans ton dessin ? Vous pouvez aussi lui expliquer : « Tu sais, parfois, ca prend du temps avant d’arriver à faire ce qu’on veut. » En disant cela, on apprend à l’enfant à se faire confiance, à développer son estime de soi et à gérer sa frustration. De même, si vous lui montrez toujours comment faire, il restera dépendant. Il tiendra pour acquis que ce que font les adultes est mieux. Cela limitera son initiative.

A vos dessins, à votre imagination ! Bel été à tous !

Références :

Dessine-moi un bonhomme. Universaux et variantes culturelles. R. Baldy, 2009. Revues.org.
Psychanalyse et pédiatrie, F. Dolto, 1961. Editions du Seuil, Paris.
L’enfant et son dessin, P. Greig, 2000. Editions Erès.
Claire COUSIN, Psychologue Clinicienne