Le développement de l’enfant

Cet article a pour but de vous donner quelques repères théoriques et psychologiques des principales étapes du développement d’un bébé de quelques mois à un enfant de 6 ans.

LE DEVELOPPEMENT MOTEUR

Par développement moteur, nous entendons le développement de la posture et du tonus, il se fait entre les 9 et 12 mois de l’enfant.

A 9 mois, il est en capacité de se tenir assis et de pivoter sur les fesses. En position ventrale, il apprend à ramper, les mouvements commencent à reculons. Puis, il se met debout en se tenant aux meubles et au parc. Il tient quelques instants et tombe.

A 10 mois, il marche à quatre pattes.

Entre 11 et 12 mois, il peut marcher tenu par les mains de l’adulte ou seul en prenant appui en poussant un déambulateur pour enfant.
Cependant, cette phase de développement moteur incluant l’acquisition de la marche n’est pas applicable à tous les enfants. Des variations existent, certains enfants mettent plus de temps à se lancer seul et peuvent acquérir la marche plus tard (vers 16 mois).

LE DEVELOPPEMENT DE LA COMMUNICATION

C’est grâce à l’interaction entre la mère et le bébé et les autres acteurs maternants du bébé, au contact visuel communicatif ainsi qu’au développement cognitif du bébé que la communication se met en place pour celui-ci.

Deux phases font parties de l’acquisition du langage:

Lors de la phase pré- linguistique le bébé, le premier mois de sa vie, va émettre des cris, des pleurs puis des gazouillis et des soupirs.

Les mois suivants, vont naitre chez celui-ci des sons composés (eueu) puis vers 6-7 mois des premières consonnes (ba, da) appelées babillage. Pour finir entre 8 et 9 mois, le bébé va comprendre progressivement des sons de la langue maternelle accompagnés de l’apparition de gestes communicatifs ainsi que des mots simples (« tiens », « donne », « regarde »)

Lors de la phase linguistique, l’entourage renforce la production linguistique qui a du sens pour eux: « papa », « chat »... C’est à 19-20 mois que l’enfant est en capacité de comprendre entre 20 et 200 mots et/ou combinaisons et de ce fait de les exprimer («papa pa’ti»)

LE DEVELOPPEMENT GRAPHIQUE

Trois phases se distinguent :

La période du réalisme fortuit: L’enfant imite l’autre, la qualité de son geste étant déterminée par son impulsivité motrice. A 2 ans, il tient la feuille et le crayon à pleine main et dépasse le cadre. Les traits sont circulaires, surnommés gribouillage.

La période du réalisme manqué: l’enfant interprète son dessin après l’avoir fait.

La période du réalisme intellectuel: C’est à 4 ans que l’enfant a une intention préalable au dessin. Puis plus tard, à 6 ans, il organise l’espace, dessine des scènes. La représentation du mouvement est en voie d’acquisition.

LA CONSTRUCTION DE LA PERSONNE, de l’indifférenciation moi/autrui à la différenciation

Deux théories sont primordiales pour comprendre cette construction chez l’enfant.

Le modèle d’Henri Wallon (1879-1962) explique que le biologique (les sensations internes) et le social (l’entourage du bébé) interagissent pour développer le Moi.
Dans les premiers mois de sa vie, le nourrisson va passer d’une symbiose physiologique à une symbiose affective avec les personnes maternantes.
Entre 9 et 18 mois, l’enfant découvre son corps et sa motricité.
S’en suit des jeux d’imitation du partenaire en temps réel (18 mois-3 ans).
La différenciation est opérante entre 3 et 6 ans, l’enfant s’oppose à l’autre. Il imite en différé tout en s’affirmant. Wallon dit «Le Moi se construit en même temps qu’il s’oppose».

Réné Zazzo (1910-1995) lui, formalise en quatre étapes le comportement de l’enfant face à son reflet dans le miroir:

  • Etape 1: à quelques mois, reconnaissance indifférente de l’image d’un autre.
  • Etape 2: L’enfant prend son image pour un autre enfant
  • Etape 3: Malaise devant son reflet.
  • Etape 4: vers 2 ans, identification de l’enfant à sa propre image.

L’enfant de la naissance à 6 ans passe donc par différentes sphères développementales.
Comme le dit le Docteur Dodson, « tout » se joue avant 6 ans, alors il importe surtout d’aider l’enfant, sans le contraindre ni le forcer, à exploiter au mieux ses aptitudes et sa personnalité.