Punir ou non son enfant

Tous les parents se sont un jour posé cette question :
« DOIT-ON PUNIR NOS ENFANTS ? »

Avant toute chose, intéressons-nous à la définition du mot « punition » :

A. Action de punir, d’infliger une privation, de faire subir une peine pour une faute commise; acte par lequel on punit.

B. Peine infligée à quelqu’un pour une faut dont il est jugé responsable, dans le but de l’aider à s’amender, à améliorer sa conduite à venir.

Source : www.cnrtl.fr

Il me semble que la première question que l’on est en droit de se poser ici est « POURQUOI PUNIR ? »

Isabelle Filliozat, psychothérapeute, conférencière et auteure, a dit :
« Punir n’est pas manifester son autorité. Nous punissons par manque d’autorité ».

De plus, les punitions sont généralement dégradantes pour les enfants. Selon leur degré de maturité, ils n’en comprennent bien souvent pas le sens.
En effet, la punition n’est pas forcément en lien avec « la faute », et parfois même en décalage dans le temps, ce qui la rend incohérente pour les enfants.
Il est important d’être vigilant à ne pas sanctionner un enfant pour quelque chose qu’il a fait dans le passé, et de le valoriser sur sa capacité d’améliorer les choses dans le futur.

Notre rôle en tant que parent est ici de leur indiquer comment réparer la situation, ou leur demander quelle solution ils pourraient trouver par eux-mêmes. Cette réparation peut-être purement matérielle (ramasser l’eau renversée, effacer le dessin du mur, …) ou symbolique (excuses, rendre un service en retour, …).
Par exemple, si votre enfant renverse le lait de son petit-déjeuner, vous pouvez lui donner une lavette afin qu’il puisse nettoyer la table. De cette façon, votre enfant se sentira responsabilisé et le conflit aura été évité !

De plus, l’éducation par la peur et les punitions génère un stress intense chez l’enfant, ce qui l’empêche de réfléchir à ce qu’il a fait.
Faber et Mazlish disaient : « Pourquoi s’étonner que nos enfants pensent à se dédouaner, à se déresponsabiliser plutôt qu’à chercher des solutions pour régler les problèmes qu’ils rencontrent ? Nous les avons habitués à la punition en réponse à leurs comportements inappropriés plutôt que de trouver des moyens de les régler ou que faire amende honorable ».

L’enfant puni a alors tendance à se sentir mauvais en tant que personne, dénué de sa joie naturelle et de sa créativité.
Pour Maria Montessori, la pire punition qui existe est le découragement, qui équivaut à la perte de l’élan vital incitant à agir, à créer, à progresser, à travailler.

Jane Nelsen, quant à elle, propose un modèle pour résumer les résultats négatifs des punitions à long terme : les « 4 R » de la punition:

- La Rancœur: les enfants punis peuvent estimer que d’une part la punition n’est pas juste et d’autre part, ils ne peuvent pas faire confiance aux parents ;

- La Revanche: les enfants punis auront envie de gagner à la prochaine confrontation pour rééquilibrer le jeu de pouvoir ;

- La Rébellion: la plupart des enfants punis refusent la soumission.  Ils ont alors à cœur de prouver aux adultes que ces derniers ne peuvent pas les obliger à faire ce qu’ils veulent ;

- Le Retrait: le retrait peut s’exprimer sous deux formes:
• L’élaboration de stratégies du « pas vu, pas pris »
• La baisse de l’estime de soi : « je ne vaux rien, je suis méchant,
je suis nul, je mérite de souffrir voire de mourir ».

Par opposition à la punition, la sanction peut être définie comme « la conséquence prévue à l’avance d’une infraction ou d’un non-respect d’une règle ou d’une loi explicitement formulée et reconnue » (Jean-Pierre Carrier – Docteur en Sciences de l’Education).

Les comportements non acceptés considérés comme des infractions ainsi que les sanctions correspondantes sont donc définies au préalable.

Les réparations (symboliques ou matérielles) sont connues et adaptées au type et à la gravité de l’infraction.

Pour conclure, il me semble que les punitions sont pour la plupart inefficaces, et elles mettent les enfants et leurs parents dans des situations fausses et conflictuelles. Gardez toujours à l’esprit que les enfants ne font pas des bêtises pour agir contre vous. Ils font des expériences plus ou moins heureuses et acceptables socialement, et l’une des solutions la plus adaptée aux enfant est de leur permettre de trouver les solutions pour réparer leurs erreurs.
Enfin, définissez les règles en famille, afin qu’elles soient comprises et acceptées par tous. Cela vous permettra de vivre avec vos enfants dans un climat serein et harmonieux.

Pour aller plus loin :

Sanctionner sans punir, Elisabeth Maheu

Eduquer sans punir, Thomas Gordon

C’est pour ton bien, racines de la violence dans l’éducation de l’enfant, Alice Miller, Paris, Aubier, 1985.