Surveille t-on trop nos enfants?

Quel parent n’a pas rêvé un jour de pouvoir surveiller ses enfants à chaque instant ? Quels moyens sont à leurs disposition ?
Quel est le risque de certaines pratiques ?
Comment réussir à préserver le lien parent-enfant ?

Tant de questionnements auxquels nous allons réfléchir ici avec Céline Pavani, responsable formation et pédagogie du Groupe Lavorel Kids and Baby.

Un panel d’outils high tech de plus en plus varié et est désormais proposé au parents avec la promesse de garantir la sécurité de leurs enfants. Bracelets connectés, balises GPS dans les sacs d’école ou encore logiciels espions sur internet, nous avons l’embarras du choix!

Dès la naissance, des appareils - comme des baby-phones avec caméra infra-rouge - nous permettent de garder un œil sur nos chères têtes blondes, de jour … comme de nuit.

Il est vrai qu’à l’heure actuelle, nombreux sont les dangers auxquels sont exposés nos enfants. Plus ils grandissent, plus ils gagnent en autonomie et moins nous sommes en mesure de les « surveiller ».

La question est donc de savoir quelles limites nous devons fixer à nos enfants ?
Quelles limites nous devons nous imposer ?
A quel moment peuvent-ils avoir accès à Internet ?
A quel âge les laissons-nous aller au cinéma avec leurs amis ?

Les réponses à ces questions sont fonction de chaque enfant, elles sont donc très variables. Parents, vous êtes les personnes qui connaissez le mieux vos enfants, laissez-les faire leurs propres expériences et voyez s’ils méritent la confiance que vous leur témoignez.

Faites les choses par étape
Par exemple, laissez votre enfant aller chercher le pain à la boulangerie près de chez vous; par la suite, vous pourrez l’autoriser à se rendre à l’école en bus au lieu de l’y déposer chaque matin.

«Les enfants, en grandissant, sont en recherche constante d’autonomie et de liberté.»

C’est pourquoi le monde technologique rivalise d’ingéniosité pour proposer aux parents une surveillance accrue de leurs enfants. Il s’agit alors de trouver un juste équilibre entre la confiance et le risque à exercer leur autonomie et leur indépendance, et en leur permettant de développer leur esprit critique.

Selon une étude du Edge Lab de l’Université canadienne Ryerson,
« Une expérience authentique de la vie privée fait partie intégrante du succès futur de l’enfant dans la prise de décisions réfléchies et de la façon dont il saura composer avec les barrières sociales ou quand il ne faut pas divulguer de renseignements personnels … Si l’on ne respecte pas l’intimité des enfants dans leur vie quotidienne ou dans leur foyer, ils ne sauront pas comment établir et défendre leurs propres limites et leur vie privée ou rendre conscience de celles des autres lorsqu’ils deviendront adultes ».

Il est vrai que la réalité des dangers d’Internet est telle que le contrôle parental pour les enfants est légitime. Toutefois, la limite entre vigilance et trahison de la confiance peut être vite franchie.

A trop vouloir surveiller nos enfants, nous en arrivons à empiéter sur leur vie privée et à normaliser la surveillance. Car même si les parents ont un devoir de surveillance, le Code civil indique que « même un enfant mineur a droit au respect de sa vie privée ».

Plus les enfants se sentiront surveillés et plus ils essaieront de transgresser les règles; et pour cela, nul doute qu’ils sont capables de rivaliser d’imagination !!!
Les adolescents sont bien souvent plus à l’aise que leurs parents en ce qui concerne les objets numériques, mettant à mal les efforts de contrôle de leurs parents.

Dans tous les cas, si vous décidez de mettre en place une surveillance auprès de vos enfants, il est essentiel de les en informer au préalable, en leur expliquant les objectifs et le fonctionnement du dispositif.

Pour conclure, il me semble que le monde virtuel et les avancées technologiques enrichissent le réel et le rendre d’autant plus intéressant, mais que les excès sont toujours néfastes dans les rapports quotidiens et le lien qui unit les parents et leurs enfants.